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PRATIQUE INSTRUMENTALE

 

 

 

Mise en situation avec l’instrument

Instant capital, car c’est la confrontation de la théorie proposée aux résultats escomptés. C’est là où tous les défauts de position vont apparaître. Il faudra être attentif et discret pour laisser le musicien prendre ses repères, prendre confiance pour accepter les critiques éventuelles.

La validation du travail entrepris sera sanctionnée par des résultats bénéfiques immédiats, mais le plus souvent les musiciens prennent conscience du travail à poursuivre pour modifier leurs troubles posturaux avec les outils qui leur ont été proposés.

Ce travail en commun, notamment en groupe de travail permet un enrichissement entre les musiciens et les thérapeutes, face à un problème donné ; les uns amènent une réponse pragmatique, les autres proposent une solution biomécanique.

Les chanteurs sont vus avec les instruments à vent.

 

                                 Position dite « physiologique » de la main : meilleure vélocité.

       Guitariste débutant : posture affaissée induisant une flexion prononcée du poignet droit

 

                        1) non corrigé >>> fermeture et affaissement             2) corrigé >>> ouverture et soutient

 

1) non corrigé : torsion cervicale            2) corrigé : aplomb de base (noter le gain de 20° d’ouverture)

 

1) non corrigé : l’épaule droite                       2) corrigé : problème cervical dû à la sangle qui

   à tendance à monter .  Peut être remplacé par un harnais, mais  perte de liberté de jeu musical.                                                

Comme nous le rappelle le Dr Vincent Travers [1] à propos « du musicien et de son  instrument » :

« « ….La notion de port de l’instrument ne vient qu’après les notions de base d’équilibre corporel, ce qui fait intervenir la notion d’assise.

Bien que certains instruments puissent paraître anti-physiologiques l’instrument n’est que la suite logique du corps à travers des principes généraux : bonne assise, bon équilibre, stabilité par la colonne, souplesse par les épaules, vélocité par les mains.

L’instrument n’est que l’aboutissement de cette chaîne Stabilité  Souplesse Vélocité. Si l’un de ces éléments est perturbé, il survient forcément des mécanismes compensatoires qui aboutissent, à plus ou moins long terme, à des déséquilibres à la base de dystonie de fonction…. » »

Ph Chamagne Q/R[2]

N'y a-t-il pas un risque à remettre en cause le geste d'un étudiant arrivant à la fin de ses études ?

Arrivé à un certain niveau, il faut, pour pouvoir s'améliorer et transformer le don en génie, comprendre fondamentalement ce que l'on fait, aussi bien sur le plan psychologique que sur le plan mécanique. Comme pour les athlètes, cet apprentissage peut se traduire par une régression apparente avant une progression rapide.

Est-ce qu'une meilleure économie du geste musical peut avoir des incidences sur la qualité musicale ?

Cela n'est pas automatique... Mais, cependant, les artistes confirmés que je soigne sont unanimes à constater qu'ils travaillent mieux, avec moins de difficultés mécaniques et avec moins de fatigue. Ils aboutissent notamment à plus de concentration sur la musique, une fois qu'ils ont bien travaillé sur leur corps.

Est-ce que le praticien retrouve dans les grands principes des méthodes instrumentales des préceptes qu'il pourrait approuver ?

J'ai pu, en effet, constater que, de manière plus ou moins intuitive, les professeurs mettent en oeuvre une pédagogie du geste qui rejoint complètement les préoccupations physiologiques. Même s'il leur est dans la pratique difficile d'adapter un système de comportement général à la morphologie de chaque élève. Par ailleurs, celui-ci a souvent tendance à copier servilement le geste du professeur sans tenir compte de ces différences morphologiques.

Arrive-t-on toujours à rééduquer un musicien ?

Toujours est un terme à bannir ! Les musiciens ne sont pas des entités, ni la rééducation une science exacte, car beaucoup de facteurs physiques et psychologiques entrent en jeu. Notre rôle consiste à ce que les musiciens apprennent à se connaître et à acquérir des réflexes fondamentaux en matière de posture et de geste, à appliquer en toute sérénité à leur technique et à leur langage personnel.

La posturologie est notre lot quotidien à tous, mais vite oublié car le « principal » prend vite  le dessus sur « le principe ».


[1] www-article de l’association Bio Amadeus- :du Dr Vincent Travers , chirurgien orthopédiste, pianiste, président de Bio-Amadéus- clinique du Parc à Lyon.

[2]  Les gestes qui comptent. 1ère rencontre, le 07.12.97, grâce à l’association Médecine des Arts, entre les étudiants du conservatoire et Ph. Chamagne, kinésithérapeute,